Les Ukrainiens accordent une très grande importance aux célébrations chrétiennes. Comme en France, Noël commence dès le 24 au soir. Traditionnellement, la table du réveillon doit être garnie de douze mets, pour symboliser les douze apôtres du Christ. La viande et les produits laitiers sont interdits en vertu du jeûne de la Nativité [période de jeûne et de pénitence de 40 jours observée par les Églises d’Orient, orthodoxes et catholiques de rite byzantin, qui, comme l’avent dans l’Église romaine, prépare les fidèles à la célébration de Noël] qui ne prend fin que le lendemain. On cuisine des varenyky (grosses ravioles fourrées), des holoubtsi (chou farci), de la koutia (dessert traditionnel) et l’on prépare de l’ouzvar (boisson non alcoolisée à base de fruits séchés). La koutia, mélange de blé bouilli, de graines de pavot, de miel, de noix et de fruits secs, est le plat le plus emblématique de Noël. Ses origines remonteraient à l’ère préchrétienne. On dit que la veille de Noël, les ancêtres de la famille viennent partager la koutia avec leurs descendants, alors on laisse toujours quelques bols et cuillères à leur disposition.
Le lendemain, on se rend à la messe et l’on souhaite joyeux Noël en disant « Le Christ est né ! » (Khrystos narodyvsia), ce à quoi il faut répondre « Gloire à Lui ! » (Slavimo yoho). Les enfants offrent de la koutia, des gâteaux de Noël et des sucreries à leurs parrains et marraines, qui en retour leur donnent de petits cadeaux.
La veille et le jour de Noël, des chorales vont de maison en maison. Cette tradition très ancienne s’appelle koliadouvannia en ukrainien. Les chanteurs, généralement des enfants, chantent la naissance du Christ et souhaitent bonheur et prospérité aux maîtres de maison. En échange, ces derniers leur offrent des sucreries et de l’argent en signe de gratitude. On dit que plus il y a de chanteurs à passer chez vous, plus l’année à venir sera abondante.
En 2023, pour la première fois, l’Ukraine a célébré Noël le 25 décembre, selon le calendrier grégorien. Jusqu’alors, Noël pouvait être fêté le 25 décembre ou le 7 janvier, selon le calendrier julien utilisé par la Russie.
Avant le passage officiel au calendrier grégorien, en 2023, le Soir généreux (Chtchedryi Vetchir) était célébré le 13 janvier et l’ancien Nouvel An, le 14 janvier. Désormais, le Soir généreux tombe le 31 décembre. On dit qu’il est « généreux », car, traditionnellement, la table est généreusement garnie de mets divers et variés. Selon la croyance, l’abondance de plats reflète l’abondance et la prospérité qu’apportera la nouvelle année.
Après les koliadky de Noël, on chante des chtchedrivky le Soir généreux. Chtchedrivka (chant du Nouvel An) vient lui aussi de « générosité, généreux ». Comme lors des célébrations de Noël, des chorales vont de porte en porte. Le lendemain, jour de la Saint-Vassyl et du Nouvel An, au matin, les garçons âgés de moins de 14 ans parsèment de grain (symbole de la vie nouvelle) l’intérieur de leur maison (qu’il ne faut pas balayer avant le coucher du soleil), avant d’aller semer du grain chez leurs voisins. Pour remercier les chanteurs et les semeurs, les maîtres de maison leur offrent des fruits, des sucreries ou de l’argent. Le Premier de l’an, si le premier invité à passer le pas de la porte est un homme, l’année à venir sera heureuse et prospère pour les hôtes.
La fête de Vodokhrèchtché est désormais célébrée le 6 janvier (le 19 janvier selon le calendrier julien). Ce jour-là, on creuse un trou dans la glace d’un lac ou d’une rivière avant de s’immerger trois fois dans l’eau glacée en prononçant une prière. On dit qu’il est impossible de prendre froid ce jour-là, car l’eau bénie par le prêtre acquiert des vertus rédemptrices et protège la personne qui s’y baigne. L’eau bénite est censée rester aussi fraîche qu’au premier jour pendant une année entière, voire plus.
Avis à ceux qui voudraient tenter cette expérience : il est préférable d’endurcir son corps au préalable et de vous échauffer avant de plonger dans l’eau glacée. Ne restez pas dans l’eau plus de dix secondes, ne buvez pas d’alcool avant et abstenez-vous de vous baigner en l’absence de secouristes. Respectez ces quelques règles très simples et cette tradition vous fera le plus grand des biens.
En Ukraine, la fête de Pâques est célébrée un dimanche d’avril ou de mai. Le lendemain est jour férié aussi. Il est de coutume d’aller à la messe le matin pour faire bénir son panier de Pâques, à jeun de préférence, à l’issue du carême. Traditionnellement, ce panier est garni d’une brioche de Pâques (la paska, préparée le Jeudi saint et le Samedi saint) et d’œufs peints et ornés de motifs (les krachanky et les pyssanky). Les invités réunis autour de la table pascale se livrent à un très ludique combat d’œufs, où chacun tape son œuf contre celui du voisin (on ne tape pas avec la pointe de l’œuf, mais avec l’extrémité où se situe la chambre à air). Si l’œuf résiste, alors il se mesure à un nouvel adversaire, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’œuf le plus résistant gagne !
Le jour de Pâques, on fait de longues promenades en famille, car à cette époque de l’année le temps est généralement clément.

Depuis l’ère préchrétienne, la fête d’Ivan Koupala est célébrée aux environs du solstice d’été. Son origine est liée au culte de Koupala, dieu du soleil d’été. Selon la croyance, cette nuit-là, tous les mauvais esprits prennent vie, c’est pourquoi on organise de grandes festivités autour d’un feu pour les éloigner.
Sauter par-dessus le feu est un rite perpétué encore aujourd’hui dont le pouvoir est de purifier l’âme. La fête de la Koupala favorise aussi les rencontres amoureuses. Pour savoir qui elles épouseront, les jeunes filles fabriquent une couronne de fleurs qu’elles jettent à l’eau — leur futur fiancé est celui qui ramènera la couronne. À la nuit tombée, tout le monde s’en va dans la forêt chercher la légendaire fleur de fougère. Dans la mythologie slave, elle apparaît lors de la nuit de la Koupala et garantira succès, richesse et santé à quiconque la trouvera.
Depuis la christianisation des peuples slaves, cette fête d’origine païenne est liée à la fête de la Saint-Jean, le 24 juin, qui célèbre la naissance de Jean Baptiste, l’homme qui a baptisé le Christ dans les eaux du Jourdain. Ce jour-là, les plantes se parent d’un pouvoir guérisseur, alors les Ukrainiens les ramassent et les font sécher.
Cet article a été publié avec le soutien financier de l’International Renaissance Foundation.